{"id":528,"date":"2023-05-31T16:42:01","date_gmt":"2023-05-31T14:42:01","guid":{"rendered":"http:\/\/blogs.sonia.de\/integration\/?page_id=528"},"modified":"2023-05-31T16:42:01","modified_gmt":"2023-05-31T14:42:01","slug":"fr-resume-de-la-presentation-de-thomas-geisen","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/blogs.sonia.de\/integration\/fr-resume-de-la-presentation-de-thomas-geisen\/","title":{"rendered":"(fr) R\u00e9sum\u00e9 de la pr\u00e9sentation de Thomas Geisen"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L&#8217;appartenance dans le contexte de la migration <\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Dans son ouvrage intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;La Soci\u00e9t\u00e9 des individus&nbsp;\u00bb (Elias, 1987), la question d&#8217;appartenance rev\u00eat une signification particuli\u00e8re. En effet, \u00ab&nbsp;l\u2019appartenance d&#8217;un \u00eatre humain \u00e0 une unit\u00e9 sociale de survie donn\u00e9e&nbsp;\u00bb (Elias 1987, p. 245) forme une \u00ab&nbsp;empreinte sp\u00e9cifique&nbsp;\u00bb, un \u00ab&nbsp;habitus social des individus&nbsp;\u00bb qu&#8217;il \u00ab&nbsp;partage avec d\u2019autres membres de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 laquelle il appartient&nbsp;\u00bb (Elias 1987, p. 244). C\u2019est sur les bases de cet habitus que se d\u00e9veloppent \u00ab&nbsp;les caract\u00e9ristiques personnelles&nbsp;\u00bb \u00ab&nbsp;par lesquelles chaque individu se distingue des autres membres de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 laquelle il appartient&nbsp;\u00bb (Elias 1987, p. 244). Pour Elias, \u00ab&nbsp;chez les membres d&#8217;une soci\u00e9t\u00e9, \u00e0 l\u2019\u00e9tape de d\u00e9veloppement d&#8217;un \u00c9tat moderne, l\u2019expression \u00ab&nbsp;caract\u00e8re national&nbsp;\u00bb en tant qu\u2019identit\u00e9 nous-je [\u2026] fait partie int\u00e9grante de l\u2019habitus social d&#8217;un \u00eatre humain, et c\u2019est lui qui est pris en tant que tel pour s&#8217;individualiser&nbsp;\u00bb (Elias 1987, p. 245). Dans les soci\u00e9t\u00e9s qui font face aux migrations, les questions d&#8217;appartenance \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9, et donc \u00e9galement les identit\u00e9s nous-je, sont pluralis\u00e9es, et on assiste \u00e0 de nouvelles formes diversifi\u00e9es d\u2019appartenance ambivalente. Dans les recherches sur la migration, cette diversit\u00e9 a des retomb\u00e9es sur une \u00ab&nbsp;nouvelle invisibilit\u00e9&nbsp;\u00bb (Habermas 1985) des termes et concepts utilis\u00e9s dans le cadre de la recherche empirique, et dans la confrontation avec les soci\u00e9t\u00e9s faisant face \u00e0 la migration. On peut citer \u00e0 cet \u00e9gard, par exemple, les travaux de recherche d\u00e9di\u00e9s \u00e0 la premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration de migrants (Treibel 2003), au \u00ab&nbsp;contexte de la migration&nbsp;\u00bb, et \u00e0 la \u00ab&nbsp;deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration&nbsp;\u00bb (Boos-N\u00fcnning\/Karakasoglu 2006 ; Fibbi\/Efionayi 2008 ; Riegel\/Yildiz 2011), \u00e0 \u00ab&nbsp;l\u2019histoire de la migration&nbsp;\u00bb et \u00e0 \u00ab&nbsp;l\u2019exp\u00e9rience biographique de la migration&nbsp;\u00bb (Hamburger 2009), \u00e0 la \u00ab&nbsp;transmigration&nbsp;\u00bb comme nouvel espace social (Pries 2010), et \u00e0 la \u00ab&nbsp;transculturalit\u00e9&nbsp;\u00bb, d\u00e9sign\u00e9e \u00e9galement comme \u00ab&nbsp;hybridit\u00e9&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;troisi\u00e8me espace&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;transversal&nbsp;\u00bb (Allolio-N\u00e4cke\/Kalscheuer 2008 ; Hall 2018 ; Hoerder\/H\u00e9bert\/Schmitt 2005). En lien avec ces d\u00e9bats, on assiste \u00e0 la naissance d&#8217;un besoin de r\u00e9ordonnancement des perceptions de base de la migration elle-m\u00eame. &nbsp;Les paradigmes dogmatiques temporels et topographiques classiques que l&#8217;on retrouve dans les recherches sur la migration (Han 2010 ; Treibel 2003) se soustraient \u00e0 une d\u00e9finition unique au vu des liens et des entrecroisements globaux que l\u2019on observe, et qui prennent de l\u2019ampleur partout dans le monde. Ainsi, par exemple, la migration est, fait nouveau, comprise fondamentalement comme un processus dont l\u2019objectif consiste \u00e0 d\u00e9placer le lieu de vie vers une nouvelle communaut\u00e9 politique (Moch 1997, p. 43) ; on a ainsi sugg\u00e9r\u00e9 de remplacer le terme de \u00ab&nbsp;migration&nbsp;\u00bb par le mot \u00ab&nbsp;mobilit\u00e9&nbsp;\u00bb (Berding\/Bukow 2020), ou bien encore d\u2019utiliser le concept de \u00ab&nbsp;plurilocalit\u00e9&nbsp;\u00bb (Reuschke 2010). Et c\u2019est en particulier dans l\u2019espace germanophone que le discours autour de la \u00ab&nbsp;post-migration&nbsp;\u00bb (Hill\/Yildiz 2018), connu depuis les ann\u00e9es 1990, a pris une signification importante. Au c\u0153ur de ces d\u00e9bats, il y a la critique du terme m\u00eame de \u00ab&nbsp;migration&nbsp;\u00bb qui placerait les personnes ayant migr\u00e9 dans une position \u00e0 part, et parfois par-del\u00e0 les g\u00e9n\u00e9rations, qui <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">aggraverait l\u2019exclusion d\u00e9j\u00e0 existante, et qui nierait l\u2019existence dans les rapports quotidiens de formes d\u2019appartenance apparues depuis longtemps d\u00e9j\u00e0. Les confrontations et les d\u00e9bats montrent que les repr\u00e9sentations traditionnelles selon lesquelles les soci\u00e9t\u00e9s seraient des \u00c9tats-Nations (Greenfeld 1993 ; Winkler 1985) sont en pleine mutation. En effet, conceptuellement parlant, dans le cadre des repr\u00e9sentations nationales de la socialisation, on parvient encore insuffisamment \u00e0 comprendre les formes actuelles de migration au sein des soci\u00e9t\u00e9s et au-del\u00e0 de la soci\u00e9t\u00e9 (Geisen 2015). Alors que dans l\u2019\u00c9tat-Nation, l\u2019accueil de nouveaux venus dans un cadre migratoire s&#8217;oppose \u00e0 la repr\u00e9sentation de la nation comme une unit\u00e9 de population et de territoire, seule une repr\u00e9sentation r\u00e9publicaine de l\u2019\u00c9tat et de la soci\u00e9t\u00e9 ouvre des possibilit\u00e9s d&#8217;accueil des nouveaux venus. En effet, dans une conception r\u00e9publicaine de la d\u00e9mocratie, un changement de soci\u00e9t\u00e9 constitue une condition de base, alors que dans une conception nationaliste, les changements soci\u00e9taux, et notamment les changements apport\u00e9s par la migration, sont vus comme une exception. Dans les faits, aujourd&#8217;hui, les \u00c9tats se pr\u00e9sentent sous des formes mixtes r\u00e9unissant tant des \u00e9l\u00e9ments nationalistes que des aspects r\u00e9publicains. Il en est de m\u00eame pour l&#8217;univers de repr\u00e9sentations national et culturel des \u00c9tats-Nations, et Elias parle ici du \u00ab&nbsp;caract\u00e8re national&nbsp;\u00bb (Elias 1987, p. 244), toujours insuffisamment orient\u00e9 vers les conditions actuelles des soci\u00e9t\u00e9s confront\u00e9es \u00e0 la migration, o\u00f9 la migration est per\u00e7ue comme la normalit\u00e9 individuelle et sociale. Au vu de ces conditions soci\u00e9tales, la question de l\u2019appartenance fait l\u2019objet des discussions les plus diverses. En relation avec ces univers de repr\u00e9sentations sociales en vigueur dans les pays qui connaissent classiquement l\u2019immigration, le discours autour du \u00ab&nbsp;belonging&nbsp;\u00bb (Castles\/Davidson 2000) est d\u00e9crit comme un \u00ab&nbsp;processus de n\u00e9gociation&nbsp;\u00bb (Hoerder 2002) individuel et social, alors que dans les \u00c9tats plus fortement constitu\u00e9s autour de l\u2019\u00c9tat-Nation, la coh\u00e9rence sociale ou \u00ab&nbsp;social coherence&nbsp;\u00bb (Vertovec 1999) li\u00e9e \u00e0 la migration occupe davantage le devant de la sc\u00e8ne. Ind\u00e9pendamment de l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit qui impr\u00e8gne chaque type de soci\u00e9t\u00e9, dans des soci\u00e9t\u00e9s h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes ayant une histoire longue et diverse avec la migration, le besoin de cr\u00e9er de nouvelles formes \u00ab&nbsp;d\u2019identit\u00e9 nous-je&nbsp;\u00bb (Elias 1987, p. 245) se fait sentir, et celles-ci apparaissent depuis les ann\u00e9es 1960, avant tout dans les discours sur l\u2019identit\u00e9 et les politiques identitaires (Geisen 2004 ; Geisen 2008). C\u2019est pourquoi, dans les recherches sur la migration, l\u2019attention est attir\u00e9e avant tout sur les concepts d&#8217;appartenance qui tiennent compte de la position sociale, dans le champ de tension entre la mani\u00e8re dont on se voit soi-m\u00eame et l\u2019image toute faite de l\u2019\u00e9tranger (Geisen 2007), qui voient la cr\u00e9ation de l\u2019appartenance comme le r\u00e9sultat d&#8217;un processus de n\u00e9gociation (Yuval-Davis 2011), et qui relient l\u2019appartenance du point de vue \u00e9motionnel comme sous l\u2019aspect du bien-\u00eatre et du bonheur subjectifs (Korteweg\/Yurdakul 2016). \u00c0 cet \u00e9gard, dans les recherches sur la migration, l\u2019apparition du sentiment d&#8217;appartenance est d\u00e9crite notamment comme une t\u00e2che active et cr\u00e9atrice ex\u00e9cut\u00e9e par les migrantes et migrants, et, notamment, comme \u00ab&nbsp;travail d&#8217;appartenance&nbsp;\u00bb (Mecheril 2003), comme \u00ab&nbsp;combat pour l\u2019appartenance&nbsp;\u00bb (Riegel 2004) et comme \u00ab&nbsp;making home&nbsp;\u00bb (Boccagni 2017 ; Leung 2004).  Au vu des travaux d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alis\u00e9s, il devient \u00e9vident que, dans les soci\u00e9t\u00e9s modernes o\u00f9 la migration est courante, on assiste \u00e0 une pluralisation des formes d&#8217;appartenance.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">\n\n\n\n\n\n\n\n\n\n\n\n\n\n\n\n\nCes diff\u00e9rentes formes d&#8217;appartenance sont une\ncaract\u00e9ristique centrale des soci\u00e9t\u00e9s modernes, mais, dans les diff\u00e9rents\naspects soci\u00e9taux, elles sont encore insuffisamment prises en compte comme\ntelles. En relation \u00e9troite avec cette pluralisation, on a le fait que cette\nappartenance est devenue un travail de r\u00e9alisation individuel et social. Ainsi,\nl\u2019appartenance sociale et culturelle n\u2019est plus consid\u00e9r\u00e9e comme allant de soi,\ncar c\u2019est activement que l\u2019appartenance individuelle et sociale doit \u00eatre\ncr\u00e9\u00e9e, et elle lance donc un nouveau d\u00e9fi soci\u00e9tal qui fait son apparition\nparmi tant d\u2019autres. L&#8217;ambivalence de l\u2019appartenance comme forme essentielle de\nl\u2019existence humaine, o\u00f9 la configuration sp\u00e9cifique nous-je se cr\u00e9e \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle\nindividuelle et sociale, se montre sous son vrai jour dans un contexte\nmigratoire. En effet, par les nouveaux arrivants, les besoins individuels et\nsociaux d&#8217;appartenance se renouvellent, aussi bien pour les migrantes et\nmigrants qui sont les \u00ab&nbsp;outsiders&nbsp;\u00bb que pour ceux qui sont\n\u00ab&nbsp;\u00e9tablis&nbsp;\u00bb (Elias\/Scotson 1993) depuis longtemps dans la soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9\nils vivent. Les configurations nous-je de l\u2019appartenance sont ainsi soumises \u00e0\nla pression du changement \u00e0 laquelle les individus et les soci\u00e9t\u00e9s peuvent\nr\u00e9agir de mani\u00e8res tr\u00e8s diverses. Parfois, les changements qui en r\u00e9sultent\nsont per\u00e7us comme une menace entra\u00eenant des r\u00e9flexes de d\u00e9fense, de peur et de\nviolence, car les personnes concern\u00e9es veulent maintenir les modes\nd\u2019identification d\u00e9j\u00e0 existants (Mergner 1998, p. 135 et suivantes). Une\nattitude professionnelle est encourag\u00e9e tout particuli\u00e8rement par ce\nd\u00e9veloppement. En effet, pour pouvoir relever ces d\u00e9fis en \u00e9volution permanente\ndans un contexte migratoire, des capacit\u00e9s et des comp\u00e9tences sans cesse\nrenouvel\u00e9es et remises \u00e0 jour sont n\u00e9cessaires dans le travail professionnel\nd&#8217;interaction. C\u2019est la raison pour laquelle le d\u00e9veloppement du\nprofessionnalisme repose n\u00e9cessairement sur la cr\u00e9ation it\u00e9rative d\u2019un\nprocessus d\u2019apprentissage et de formation professionnel permettant d\u2019apporter\nune contribution active \u00e0 l\u2019obtention d&#8217;une \u00ab&nbsp;multicultural\nconviviality&nbsp;\u00bb (Back\/Sinha 2018 ; Gilroy 2005).\n\n\n\n<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-button is-style-squared\"><a class=\"wp-block-button__link has-text-color has-white-color has-background has-blue-background-color\" href=\"http:\/\/blogs.sonia.de\/integration\/(fr)-contributions\/\"> retour \u00e0 constributions<\/a><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&#8217;appartenance dans le contexte de la migration Dans son ouvrage intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;La Soci\u00e9t\u00e9 des individus&nbsp;\u00bb (Elias, 1987), la question d&#8217;appartenance rev\u00eat une signification particuli\u00e8re. 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